Comprendre le microbiote

Microbiote intestinal : guide complet pour comprendre votre flore intestinale

13 avril 2026 · 15 min de lecture · Par seydou
Microbiote intestinal : guide complet pour comprendre votre flore intestinale

Microbiote intestinal : guide complet pour comprendre votre flore intestinale

Votre intestin abrite plus de 100 000 milliards de micro-organismes, soit dix fois plus que le nombre total de cellules humaines dans votre corps (Inserm, 2024). Ce monde invisible pèse entre 1,5 et 2 kg et gouverne une part surprenante de votre santé : immunité, digestion, humeur, métabolisme. Pendant des années, j’ai souffert de ballonnements chroniques et de fatigue inexpliquée avant de comprendre que mon microbiote en était souvent la cause. Ce guide rassemble tout ce que la science sait aujourd’hui.

Notre microbiote nous domine-t-il ? — ARTE (2025)

Points essentiels

  • Votre microbiote contient plus de 1 000 espèces bactériennes différentes (Inserm, 2024).
  • Il joue un rôle direct dans l’immunité, la digestion, la production de vitamines et l’humeur.
  • La dysbiose (déséquilibre du microbiote) est liée à plus de 40 maladies chroniques selon la recherche actuelle.
  • L’alimentation est le levier le plus puissant pour le modifier en quelques jours.
  • Des aliments fermentés et des fibres prébiotiques suffisent souvent à relancer un microbiote appauvri.
  • 71 % des personnes dans 11 pays ont entendu parler du microbiote, mais seulement 24 % comprennent vraiment ce que c’est (Biocodex Observatory, 2025).

Qu’est-ce que le microbiote intestinal ?

Illustration 3D de bactéries intestinales dorées représentant la diversité du microbiote humain

Le microbiote intestinal est l’ensemble des micro-organismes vivant dans nos intestins — bactéries, virus, champignons, archées. Chaque individu héberge environ 160 espèces bactériennes parmi les 1 000 identifiées à ce jour, pour un total estimé à 39 000 milliards de cellules microbiennes (Inserm, 2024 ; Sender et al., PLOS Biology, 2016). C’est votre empreinte bactérienne, unique comme vos empreintes digitales.

Beaucoup confondent microbiote, microbiome et flore intestinale. Ce sont en réalité trois façons de désigner la même réalité. « Flore intestinale » est l’ancien terme, utilisé jusqu’aux années 2000. « Microbiote » désigne l’ensemble des micro-organismes vivants. « Microbiome » désigne à la fois ces organismes et leur matériel génétique collectif. La science utilise aujourd’hui « microbiote » et « microbiome » selon le contexte.

Où vivent-ils exactement ? Le côlon héberge 99 % de ces bactéries. L’intestin grêle en contient peu, l’estomac encore moins. Quatre grands groupes bactériens dominent : les Firmicutes (environ 65 %), les Bacteroidetes (25 %), les Actinobactéries (5 %) et les Protéobactéries (5 %). Ce ratio Firmicutes/Bacteroidetes est souvent le premier indicateur surveillé dans les études de dysbiose.

En avril 2025, une équipe internationale a analysé 32 152 métagénomes à l’échelle mondiale et identifié 484 associations directes entre des souches bactériennes spécifiques et 241 phénotypes humains, dont le poids, la résistance aux antibiotiques et des marqueurs de maladies chroniques (Cell, avril 2025). C’est la carte la plus détaillée jamais publiée du microbiote humain. Elle confirme que votre microbiote vous est aussi personnel que votre génome.

Capsule de citation — Définition : Le microbiote intestinal est l’ensemble des micro-organismes résidant dans nos intestins, composé d’environ 39 000 milliards de bactéries réparties en plus de 1 000 espèces, dont ~160 sont présentes chez chaque individu. Il est unique à chaque personne, formé dès la naissance et remodelé tout au long de la vie par l’alimentation, les médicaments et l’environnement. (Inserm, 2024 ; Sender et al., PLOS Biology, 2016)

Le microbiote se forme dès le premier souffle. Un accouchement par voie basse expose le bébé aux bactéries vaginales de la mère — un cadeau biologique de colonisation immédiate. Les enfants nés par césarienne démarrent avec un microbiote différent, moins diversifié, ce qui est compensé en partie par l’allaitement. L’environnement fait le reste : contacts avec la nature, animaux, alimentation variée dès l’enfance.


À quoi sert vraiment le microbiote intestinal ?

Le microbiote remplit quatre fonctions vitales : digestive (fermentation des fibres, production d’acides gras courts), métabolique (synthèse de vitamines B et K), immunitaire (environ 70 à 80 % des cellules immunitaires se trouvent dans l’intestin) et neurologique (production de neurotransmetteurs dont la sérotonine) (Inserm, 2024). Supprimer l’un de ces rôles et c’est tout l’équilibre qui vacille.

La digestion : bien plus que broyer des aliments

Vos bactéries intestinales fermentent les fibres que votre corps ne peut pas digérer seul. Cette fermentation produit des acides gras à chaîne courte : acétate, propionate, butyrate. Le butyrate mérite votre attention. C’est le carburant principal des cellules du côlon. Il réduit l’inflammation, renforce la barrière intestinale et jouerait un rôle protecteur contre le cancer colorectal. Sans fibres, pas de butyrate.

Une étude publiée dans Frontiers in Microbiology en juin 2025 quantifie cet effet avec précision : un régime riche en fibres augmente la production de butyrate de 25 à 30 %. À l’inverse, une déplétion en Faecalibacterium prausnitzii, la bactérie productrice de butyrate la plus abondante chez l’humain, réduit la production de butyrate de 58 % (Frontiers in Microbiology, juin 2025). Ces chiffres donnent une idée de l’impact direct d’un repas pauvre en légumes.

L’immunité : 70 à 80 % de vos défenses viennent de vos intestins

C’est contre-intuitif, mais vos intestins sont votre principal organe immunitaire. La majorité de vos cellules immunitaires y résident et y sont formées. Les bactéries intestinales « éduquent » le système immunitaire dès l’enfance, lui apprenant à distinguer les agents pathogènes des substances inoffensives. Un microbiote appauvri produit une éducation défaillante, associée à l’augmentation des allergies et des maladies auto-immunes.

Les vitamines : votre usine intérieure

Vos bactéries synthétisent des vitamines que vous ne pouvez pas fabriquer seul : vitamine K2 (indispensable à la coagulation et à la santé osseuse), vitamines B12, B9 (folates) et B7 (biotine). Un microbiote appauvri peut donc contribuer à des carences vitaminiques, même avec une alimentation correcte. C’est un angle que peu de médecins abordent spontanément.


Comment le microbiote influence-t-il votre cerveau et vos émotions ?

Bocal de kéfir en fermentation artisanale — source de probiotiques naturels pour le microbiote

L’axe intestin-cerveau est une autoroute bidirectionnelle : 500 millions de neurones dans l’intestin communiquent en temps réel avec le cerveau via le nerf vague (Institut Pasteur, 2024). Entre 90 et 95 % de la sérotonine — souvent appelée « hormone du bonheur » — est produite dans l’intestin, pas dans le cerveau. Vos émotions ont donc une adresse postale digestive. C’est inconfortable à entendre, mais c’est ce que dit la science.

J’ai compris cela à mes dépens. Pendant plusieurs années, je gérais mon anxiété avec des stratégies mentales, sans jamais questionner mon alimentation. Quand j’ai commencé à consommer régulièrement du kéfir maison et à augmenter mes légumineuses, mes niveaux d’anxiété ont baissé de façon perceptible en quatre à six semaines. Je n’affirme pas que c’est une relation de cause à effet prouvée dans mon cas. Mais ça correspondait précisément à ce que la littérature scientifique décrivait.

Capsule de citation — Axe intestin-cerveau : L’intestin possède son propre système nerveux entérique composé de 500 millions de neurones, connecté au cerveau via le nerf vague. Entre 90 et 95 % de la sérotonine corporelle est synthétisée dans l’intestin par des bactéries spécifiques. Un déséquilibre du microbiote perturbe cette production et contribue à des états anxieux ou dépressifs mesurables. (Institut Pasteur, 2024 ; Biocodex Microbiota Institute, 2025)

Le mécanisme est précis. Certaines bactéries produisent du GABA (neurotransmetteur calmant), de la dopamine (motivation, plaisir) et de la sérotonine. Ces molécules voyagent via le nerf vague jusqu’au cerveau. Quand la dysbiose réduit les populations productrices, ces signaux s’affaiblissent. Des études sur le transfert de microbiote de souris stressées vers des souris saines induisent chez ces dernières des comportements anxieux, ce qui illustre le lien causal.

Ce n’est pas une relation à sens unique. Le stress chronique dégrade aussi le microbiote : il modifie le pH intestinal, réduit le mucus protecteur et favorise des bactéries pro-inflammatoires. C’est un cercle vicieux. Stress chronique, dysbiose, anxiété, stress aggravé. Briser ce cercle passe souvent par les deux côtés simultanément : alimentation ET gestion du stress.


Qu’est-ce que la dysbiose intestinale et comment la reconnaître ?

La dysbiose désigne un déséquilibre du microbiote : réduction de la diversité bactérienne, prolifération de souches pro-inflammatoires, appauvrissement des espèces protectrices. Elle est aujourd’hui associée à plus de 40 pathologies chroniques selon la littérature scientifique. Les antibiotiques, une alimentation ultra-transformée et le stress chronique sont ses trois déclencheurs les plus documentés.

Capsule de citation — Dysbiose : La dysbiose intestinale est un déséquilibre quantitatif et qualitatif du microbiote, caractérisé par une perte de diversité bactérienne et une augmentation des souches pro-inflammatoires. La consommation régulière d’aliments ultra-transformés réduit la diversité bactérienne et diminue notamment les populations d’Akkermansia muciniphila, une espèce protectrice associée à la résistance à l’obésité et au diabète. (Nutrients, fév. 2025)

Les symptômes de la dysbiose sont souvent banalisés. Ballonnements récurrents, fatigue chronique inexpliquée, infections ORL à répétition, prise de poids sans changement alimentaire majeur, anxiété qui s’aggrave. D’autres signaux plus discrets peuvent l’accompagner, comme un ventre qui gargouille excessif ou une langue blanche persistante. Ces signaux ne garantissent pas une dysbiose, mais leur association fréquente mérite d’y penser. Un test de microbiote (analyse métagénomique des selles) permet aujourd’hui de le confirmer à domicile.

Un chiffre révélateur sur la conscience collective : 70 % des personnes interrogées dans le Biocodex Observatory 2025 savent que les antibiotiques impactent le microbiome. Mais seulement 35 % ont été informées de ce risque par leur médecin (Biocodex Observatory, 2025). Ce fossé entre savoir général et information médicale réelle explique pourquoi tant de patients ne prennent pas de probiotiques après une cure d’antibiotiques, alors que les preuves d’efficacité s’accumulent.

L’Akkermansia muciniphila mérite une mention particulière. Cette bactérie, qui représente normalement 1 à 5 % du microbiote, protège la barrière intestinale en stimulant la production de mucus. Pour soutenir cette paroi, certains s’appuient aussi sur la glutamine, principal carburant de ses cellules. Elle est systématiquement diminuée chez les personnes en surpoids, diabétiques de type 2 et atteintes de maladies inflammatoires chroniques. C’est devenu l’un des biomarqueurs les plus suivis de la recherche sur le microbiote.


Quelles maladies sont associées à un microbiote déséquilibré ?

La dysbiose est aujourd’hui associée à plus de 20 pathologies documentées : obésité, diabète de type 2, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), syndrome de l’intestin irritable (SII), dépression, et même Alzheimer. Des études récentes suggèrent que la dysbiose précéderait les premiers symptômes cognitifs de la maladie d’Alzheimer de plusieurs années (ScienceDirect, 2025). La corrélation ne prouve pas la causalité, mais elle oriente la recherche thérapeutique.

Maladies associées à la dysbiose intestinale et niveau de preuve
MaladieNiveau de preuve scientifique
Syndrome de l’intestin irritableFort
MICI (Crohn, RCH)Fort
Obésité / Diabète de type 2Fort
Dépression / AnxiétéModéré
Allergies / Maladies auto-immunesModéré
Maladie d’AlzheimerÉmergent
Cancer colorectalÉmergent
Maladies liées à la dysbiose et niveau de preuve. Sources : Inserm 2024, ScienceDirect 2025, Fondation Alzheimer.

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) touche entre 5 et 10 % des Français (SNFGE / HAS, 2024). C’est la pathologie digestive la plus fréquente et l’une des mieux documentées en lien avec la dysbiose. Les personnes atteintes présentent systématiquement une diversité bactérienne réduite et des populations pro-inflammatoires élevées.

Sur Alzheimer, les preuves restent émergentes mais troublantes. Des études observationnelles montrent que les patients présentent une dysbiose spécifique plusieurs années avant les premiers symptômes cognitifs. La théorie : une inflammation chronique intestinale, relayée via l’axe intestin-cerveau, accélérerait la neurodégénérescence. Des essais cliniques sont en cours pour tester des interventions sur le microbiote comme prévention.


Quels aliments nourrissent vraiment votre microbiote ?

Assortiment coloré de légumes frais riches en fibres prébiotiques pour nourrir le microbiote intestinal

Quatre leviers principaux améliorent la diversité du microbiote : augmenter les fibres (objectif 30 g/jour), consommer des aliments fermentés régulièrement, réduire les ultra-transformés et varier les végétaux. La règle des 30 plantes différentes par semaine, issue des travaux du chercheur Tim Spector, est l’une des recommandations les plus pratiques issues de la recherche récente. Des résultats mesurables apparaissent en 3 à 6 semaines.

Les prébiotiques : nourrir vos bactéries avant tout

Les prébiotiques sont des fibres fermentescibles qui nourrissent vos bactéries bénéfiques. L’inuline, les fructo-oligosaccharides (FOS) et l’amidon résistant sont les plus étudiés. On les trouve dans l’ail, l’oignon, le poireau, les asperges, les topinambours et les légumineuses. En complément, le psyllium est une fibre soluble prébiotique pratique pour soutenir le transit. Ces fibres atteignent le côlon intactes et servent de carburant direct à vos Bifidobacterium et Lactobacillus. Consultez notre guide des fibres prébiotiques pour les meilleures sources naturelles classées par teneur.

Les aliments fermentés : probiotiques naturels

Kéfir, kombucha, kimchi, miso, choucroute non pasteurisée, yaourt nature : ces aliments apportent des bactéries vivantes directement dans votre intestin. Une étude de Stanford publiée dans Cell en 2021 montre qu’un régime riche en aliments fermentés augmente la diversité du microbiote de façon significative, avec un effet supérieur à celui d’un régime riche en fibres seules (Sonnenburg et al., Cell, 2021). Les deux ensemble donnent les meilleurs résultats. Notre guide complet des aliments fermentés détaille comment les intégrer progressivement.

Dans ma propre expérience, l’introduction du kéfir a été le changement le plus rapide à produire des effets. En deux semaines de consommation quotidienne d’un verre le matin, mes ballonnements de fin de journée avaient nettement diminué. J’ai ensuite ajouté du kimchi deux à trois fois par semaine. L’effet cumulatif, mesuré simplement sur mon confort digestif et mon niveau d’énergie, était clair au bout d’un mois.

Ce qu’il faut éviter : les ennemis de votre microbiote

Sucres raffinés, additifs alimentaires (émulsifiants, édulcorants artificiels), alcool en excès et aliments ultra-transformés appauvrissent directement la diversité bactérienne. Les édulcorants comme la saccharine et le sucralose modifient la composition du microbiote de façon mesurable en quelques jours, selon des études récentes. Découvrez les aliments à éviter pour ne pas abîmer votre microbiote dans notre article dédié.

Comportements adoptés pour protéger son microbiote (2025)
Comportement% des répondants
Manger varié83 %
Activité physique régulière78 %
Éviter de fumer77 %
Consommer des probiotiques50 %
Prendre des prébiotiques40 %
Source : Biocodex International Microbiota Observatory 2025 — enquête 11 pays, ~16 000 répondants.

Les probiotiques en gélules : utiles ou surestimés ?

Les compléments probiotiques sont efficaces dans des contextes précis : après une cure d’antibiotiques, en cas de diarrhée du voyageur, pour certaines formes de SII. Mais leur efficacité dépend entièrement de la souche utilisée, de la dose et de l’indication. Un probiotique « multi-souches » vendu en pharmacie n’est pas universellement utile. La recherche est claire là-dessus depuis des années.

https://www.youtube.com/watch?v=zp0X1ga9MzY
Microbiote, les fabuleux pouvoirs du ventre — ARTE

La situation la plus documentée reste la prise de probiotiques après antibiotiques. Les antibiotiques détruisent indifféremment les bactéries pathogènes et les bactéries bénéfiques. Certains probiotiques, notamment les Lactobacillus rhamnosus GG et les Saccharomyces boulardii, réduisent significativement le risque de diarrhée associée aux antibiotiques. Notre guide sur les probiotiques après antibiotiques détaille les souches et protocoles validés.

Quand faut-il les prendre ? Le timing compte. Les probiotiques doivent être pris à distance des antibiotiques (deux heures au minimum), pendant et après la cure. Les prendre simultanément les expose à la destruction par le médicament. Lisez notre article sur le moment idéal pour prendre ses probiotiques pour comprendre les subtilités de la posologie.


Comment reconstituer son microbiote après un déséquilibre ?

Reconstituer son microbiote est possible, mais le délai varie selon la sévérité du déséquilibre. Un microbiote légèrement appauvri se redresse en quatre à huit semaines avec une alimentation adaptée. Une dysbiose sévère post-antibiotiques peut nécessiter six à douze mois pour retrouver une diversité complète (Dahl et al., Nutrients, 2018 ; Sonnenburg et al., Cell, 2021). La patience est donc aussi importante que la stratégie.

Combien de temps pour modifier son microbiote ?
DélaiCe qui se passe
24 à 48 hPremières modifications bactériennes
2 à 4 semainesAmélioration clinique (confort digestif)
4 à 8 semainesDiversité restaurée (déséquilibre léger)
6 à 12 moisRestauration complète (dysbiose sévère, ex. post-antibiotiques)
Chronologie de reconstitution du microbiote. Sources : Dahl et al., Nutrients 2018 ; Sonnenburg et al., Cell 2021.

Le protocole le plus efficace repose sur trois piliers simultanés. D’abord, augmentez les fibres progressivement pour éviter les ballonnements : 5 g de plus par semaine jusqu’à 30 g/jour. Ensuite, introduisez des aliments fermentés : commencez par un yaourt nature au bifidus, puis ajoutez le kéfir, puis le kimchi. Enfin, réduisez les ultra-transformés : même une réduction partielle produit des effets mesurables sur la diversité bactérienne.

J’ai documenté ma propre reconstitution après deux cures d’antibiotiques rapprochées en 2022. Les premières semaines étaient frustrantes : ballonnements accrus en augmentant les fibres, selles irrégulières. C’est normal — c’est votre microbiote qui s’adapte. À la quatrième semaine, le confort digestif revenait. À la huitième, j’avais retrouvé une énergie que j’avais presque oubliée. Pas de miracle : juste de la constance.

Pour une reconstitution complète et structurée, consultez notre guide complet pour reconstituer sa flore intestinale, qui détaille le protocole semaine par semaine.


Quelles sont les dernières découvertes scientifiques sur le microbiote en 2025 ?

La recherche sur le microbiote progresse à une vitesse remarquable. En France, le projet French Gut — piloté par l’INRAE et l’APHP — a déjà collecté 25 000 échantillons sur les 100 000 prévus à horizon 2027-2029. C’est la première cartographie exhaustive du microbiote français. Les premiers résultats partiels alimentent déjà des publications internationales et affineront les recommandations nutritionnelles des prochaines années.

Côté chiffres sur la conscience publique : 32 % des Français savent précisément ce qu’est le microbiote en 2025, soit une hausse de 5 points par rapport à 2023 (Biocodex Microbiota Observatory, janv.-fév. 2025). La tendance est réelle, même si le fossé reste grand entre notoriété et compréhension réelle.

Sur le plan thérapeutique, la greffe de microbiote fécal (FMT, Fecal Microbiota Transplantation) progresse au-delà de son indication initiale contre Clostridioides difficile. Des essais cliniques explorent son utilisation dans le SII sévère, les MICI réfractaires et même certaines formes de dépression résistante. C’est une piste thérapeutique sérieuse, pas de la science-fiction.

Une découverte moins médiatisée mais importante : l’étude Cell d’avril 2025 révèle que le microbiote varie aussi selon la géographie. Les 32 152 métagénomes analysés couvrent 45 pays. Des associations souche-phénotype varient selon les régions du monde. Votre alimentation traditionnelle locale forge un microbiote local, adapté à vos habitudes ancestrales. C’est un argument pour rester ancré dans une alimentation de terroir diversifiée.


Questions fréquentes sur le microbiote intestinal

C’est quoi exactement le microbiote intestinal ?

Le microbiote intestinal est l’ensemble des micro-organismes vivant dans vos intestins : environ 39 000 milliards de bactéries réparties en 1 000+ espèces, dont ~160 présentes chez chaque individu. Il pèse entre 1,5 et 2 kg et remplit des fonctions digestives, immunitaires, métaboliques et neurologiques essentielles (Inserm, 2024).

Microbiote et flore intestinale, c’est la même chose ?

Oui, dans l’usage courant. « Flore intestinale » est l’ancien terme, employé jusqu’aux années 2000. « Microbiote » est le terme scientifique actuel, adopté après la reconnaissance que ce monde microbien n’est pas une « flore » végétale mais un écosystème complexe et vivant. Les deux expressions désignent la même réalité intestinale.

Peut-on améliorer son microbiote rapidement ?

Des changements bactériens sont observables en 24 à 48 heures après une modification alimentaire. Des bénéfices digestifs durables apparaissent en 3 à 4 semaines. Une diversité significativement améliorée demande 4 à 8 semaines de constance. La rapidité dépend de votre point de départ et de la sévérité du déséquilibre initial (Dahl et al., Nutrients, 2018).

Comment savoir si mon microbiote est déséquilibré ?

Les symptômes fréquents d’une dysbiose incluent : ballonnements récurrents, selles irrégulières, fatigue chronique inexpliquée, infections à répétition, anxiété aggravée, prise de poids soudaine. Ils ne prouvent pas une dysbiose, mais leur combinaison est évocatrice. Des tests métagénomiques de selles permettent un diagnostic précis depuis votre domicile. Consultez notre article sur les signes de la dysbiose intestinale.

Les probiotiques en gélules sont-ils vraiment efficaces ?

L’efficacité des probiotiques est prouvée pour des indications précises : diarrhée post-antibiotiques (Lactobacillus rhamnosus GG, Saccharomyces boulardii), SII léger, prévention des infections vaginales à levures. En dehors de ces indications, les preuves restent limitées. Tout dépend de la souche, de la dose et de votre contexte de santé. Notre comparatif des meilleurs probiotiques en France en 2026 vous guide dans le choix.


Ce qu’il faut retenir sur le microbiote intestinal

Votre microbiote est un organe à part entière. Il pèse autant qu’un rein, communique avec votre cerveau en temps réel, gère une large part de votre système immunitaire et produit des molécules qui influencent votre humeur. L’ignorer revient à ignorer une dimension entière de votre santé.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est modifiable. Pas en quelques jours pour les transformations profondes, mais rapidement à l’échelle biologique. Les leviers sont accessibles et peu coûteux : plus de légumes variés, des aliments fermentés, moins d’ultra-transformés. Ce n’est pas un régime, c’est une façon de manger qui correspond à ce que votre microbiote a besoin pour fonctionner.

Si vous ressentez des troubles digestifs chroniques, de la fatigue inexpliquée ou des épisodes d’anxiété, votre microbiote mérite d’être investigué. Commencez par notre guide pratique pour reconstituer votre flore intestinale. Et si vous souhaitez recevoir notre protocole complet de 8 semaines en PDF, inscrivez-vous à notre newsletter.


À propos de l’auteur : Seydou est le fondateur de Le Monde du Microbiote. Après des années de troubles digestifs, il étudie la littérature scientifique sur le microbiote et partage ses découvertes avec rigueur et transparence. Retrouvez-le sur X : @LeMicrobiote et Instagram : @microbiote.fr.

Dernière mise à jour : 4 juin 2026 · Sources vérifiées sur leurs publications primaires · Certains liens de cet article sont affiliés : votre achat soutient le blog sans surcoût pour vous.

seydou

seydou

Fondateur du Monde du Microbiote. Après avoir souffert de troubles digestifs, il a consacré plusieurs années à étudier la littérature scientifique sur le microbiote intestinal et les probiotiques. Il partage ici ses recherches et son expérience personnelle pour aider ceux qui traversent les mêmes difficultés.

Certains liens présents dans cet article sont des liens d'affiliation. En achetant via ces liens, vous soutenez Le Monde du Microbiote sans frais supplémentaires pour vous.